J’aurais aimé qu’on m’explique ce qu’est réellement apprendre, à quoi ça sert, et comment apprendre. J’aurais gagné du temps, évité des erreurs classiques, appris plus vite et mieux.
Le processus que je décris est celui que j’utilise pour apprendre. C’est également celui que j’enseigne à l’université et que je partage avec les étudiants que j’accompagne individuellement. Il est le fruit de nombreuses années d’essais, d’erreurs, de lectures, d’enseignements et d’expérimentations personnelles.
Ce guide n’est pas destiné à ceux qui cherchent seulement à réussir leur prochain examen. Il est destiné à ceux qui veulent construire des compétences solides qui leur serviront toute leur vie.
Imaginez qu’au lieu de devoir tout réapprendre avant chaque examen, vous soyez encore capable, plusieurs années plus tard, d’expliquer les concepts importants, de les relier à d’autres idées et de les utiliser pour résoudre un problème inédit. C’est précisément ce que cherche à construire l’approche que je vais vous présenter.
L’éducation est l’investissement le plus important d’une vie. C’est un levier majeur d’émancipation, de croissance, capable de transformer une vie entière, personnelle comme professionnelle. Certains étudiants en profitent pleinement, d’autres passent à côté de leur propre potentiel sans même s’en rendre compte.
Si ce guide peut vous faire gagner quelques années d’essais et d’erreurs, alors il aura atteint son objectif.
Au programme
Avant de rentrer dans le vif du sujet, prenez un instant pour répondre honnêtement à ces quelques questions. Répondez spontanément.
Votre objectif
Sans obligation scolaire, apprendriez-vous cette matière ?
Etes vous proactif.ve pour apprendre à faire quelque chose de nouveau ou apprenez vous ce qu’on vous demande ?
Vous souvenez-vous de ce que vous avez étudié quelques mois après l’évaluation ?
Votre méthode de travail
Votre travail va-t-il au-delà de relire vos notes, surligner, écrire des fiches, apprendre par cœur ?
Étudier représente-t-il un réel effort de réflexion, de connexion des idées et acquis, ou cela reste-t-il une activité mécanique et confortable ?
Avez-vous une méthode ou une stratégie claire pour apprendre ?
Votre niveau de compréhension
Pouvez-vous expliquer clairement l’essentiel d’un cours à quelqu’un d’autre sans regarder vos notes ?
Êtes-vous capable de relier spontanément ce chapitre à d’autres cours ou à d’autres disciplines ?
Votre capacité d’action
Savez-vous mobiliser ce savoir face à une situation réelle, sans guide ni consigne évidente ?
Devant un concept nouveau, votre premier réflexe est-il de chercher comment il s’applique concrètement dans le réel ?
Plus de trois réponses négatives ? Vous êtes en plein dans le piège scolaire : cet article vous concerne directement.
A priori, vous avez passé 12 ans à étudier entre l’école primaire et le lycée. Des milliers d’heures en cours, des centaines d’exercices, et des dizaines de contrôles et d’examens. Que reste-t-il de tout ça aujourd’hui ?
Si votre réponse est plutôt vague, vous n’êtes pas seul. Je suis dans la même situation.
Un jour, j’ai réalisé que je n’avais retenu qu’une fraction de ce que j’avais étudié. Si j’essaie de faire le bilan jusqu’au lycée : lire, écrire, quelques bases scientifiques apprises en terminale, de la culture générale. Mais rien à voir avec les programmes entiers d’histoire géo, de langues, de sciences auxquels j’ai été confronté.
Honnêtement, il n’en reste qu’une fraction décevante.
Pourtant, il est possible de maîtriser ces connaissances, certaines personnes y arrivent. Comment font-elles pour savoir autant de choses, alors que moi, il me reste si peu ? C’est à ce moment-là que j’ai compris que je savais étudier ou réciter mais que je ne savais pas apprendre de manière durable. Et je crois que la majorité des élèves se trouve dans la même situation.
Depuis l’école primaire, nous apprenons à mémoriser des informations, faire des exercices et restituer nos connaissances lors des contrôles et examens. Cette méthode fonctionne remarquablement bien... Pour ce qu’elle cherche à accomplir : permettre à des millions d’élèves d’acquérir un socle commun de connaissances.
De leur côté, les élèves font plus ou moins consciemment ce qui est naturel : ils s’adaptent à l’objectif en minimisant la quantité d’énergie dépensée. Ils ou elles comprennent vite que pour réussir un examen et ne pas être embêté, il faut obtenir la moyenne. Et après plusieurs années d’école, le système est rodé :
mémoriser le cours
apprendre à refaire les exercices
réviser juste avant le contrôle pour ne pas avoir le temps d’oublier
obtenir la moyenne
passer à la suite.
Le problème n’est pas la méthode scolaire, les profs font ce qu’ils peuvent avec des enfants et adolescents en plein développement. Le problème est de faire confiance à la nature humaine et de croire que les élèves vont saisir l’opportunité de développer des compétences réelles et durables. Si on ne les accompagne pas, si on ne leur explique pas, la plupart des élèves oublient l’objectif, et se concentrent sur l’évaluation.
À l’université, et encore plus dans la vie professionnelle, restituer une information ne suffit pas. On vous demande des connaissances opérationnelles et des compétences réelles, solides. On vous demande d’être capable de faire, d’expliquer, de construire des raisonnements, de relier les disciplines, de résoudre des problèmes.
Et c’est précisément là que la méthode d’apprentissage scolaire devient insuffisante. J’en observe les conséquences presque chaque jour.
Des étudiants arrivent en master sans maîtriser les bases de leur discipline.
L’exemple le plus frappant reste cet étudiant polytechnicien en stage de master au labo, aux résultats académiques parfaits. Dès qu’il a fallu poser une stratégie pour purifier une protéine, le blocage a été total. Il ne s’agissait pas d’un manque de pratique manuelle ou d’expérience, normale à ce stade, mais d’une incapacité à mobiliser sa réflexion : il savait tout réciter, mais ne savait pas articuler ses connaissances pour agir.
Certains sont incapables d’expliquer un concept pourtant vu à plusieurs reprises ou d’appliquer leurs connaissances en laboratoire. Et pourtant, ils ont passé des milliers d’heures à étudier.
La bonne nouvelle, c’est qu’apprendre bien et durablement est possible, mais avec une méthode différente de celle que les élèves font spontanément. C’est la suite.
Si la méthode scolaire ne permet pas d’atteindre l’objectif, c’est peut-être parce que nous ne sommes pas clairs sur cet objectif.
Qu’est-ce qu’apprendre, au juste ?
Je vous propose une définition.
Apprendre, c’est devenir capable de faire quelque chose que l’on ne savait pas faire auparavant.
Apprendre, c’est agir différemment.
Le mot clé est : action.
L’action peut être concrète, comme fabriquer un objet ou réaliser un geste sportif ou technique. Mais elle peut aussi être abstraite ou intellectuelle : être capable de construire un raisonnement, expliquer et interpréter le monde avec un point de vue différent, changer notre manière d’interagir avec les autres ou résoudre un problème inédit.
Dans tous les cas, le critère est le même : une connaissance n’est considérée apprise que lorsqu’elle devient une action.
Après tout, si rien ne change dans votre manière de faire, d’expliquer, de raisonner, de résoudre un problème, de prendre une décision ou de voir le monde, peut-on vraiment dire que vous avez appris ?
Notre cerveau réalise un tri permanent de l’information. Il sélectionne, organise et ne retient que ce qu’il juge important et ce qui lui sert. Et pour ça, il a besoin de comprendre.
Lire, surligner, recopier ou réciter un cours sont des actions utiles, mais insuffisantes.
Comprendre demande un véritable travail de réflexion. Il faut décoder les nouvelles informations, voir comment elles s’intègrent avec ce que l’on sait déjà, les remettre en question, voir si elles peuvent nous être utiles, et comment.
La compréhension est un peu comme la digestion des idées. Peu à peu, l’information passe d’un simple fait à retenir à une connaissance opérationnelle que l’on peut mobiliser pour raisonner et agir.
Le travail nécessaire pour comprendre est exigeant. Il mobilise les opérations cognitives les plus complexes. Apprendre véritablement demande donc un effort délibéré, de l’attention et donc une motivation claire, mais progresser et réussir des choses nouvelles est aussi une source de satisfaction extraordinaire.
La réponse est simple. Vous savez que vous avez appris lorsque vous êtes capable de :
faire des choses nouvelles vous-même : résoudre un problème, faire un geste technique, réaliser quelque chose.
expliquer un concept avec vos propres mots.
enseigner à quelqu’un d’autre.
résoudre un problème nouveau.
La bonne question n’est peut-être pas :
« Ai-je retenu cette information ? » Ou « ai-je appris mon cours ? »
Mais plutôt :
« Qu’est ce que je suis capable de faire que je ne savais pas faire hier ? »
Voici le processus. Il est constitué de 4 étapes de durées différentes, chacune apportant un élément essentiel. L’étape 3 correspond à celle que les élèves savent faire. Les étapes 1, 2 et 4 correspondent à des phases de préparation et de finalisation. Ce sont celles qui manquent aux élèves et qui les empêchent de bien apprendre.
Je ne saurai pas insister suffisamment sur leur importance de chaque étape même si de prime abord elles paraissent triviales. Appliquées avec sérieux, elles transformeront votre manière d’apprendre.
J’ai préparé une fiche pratique que vous pourrez télécharger et garder à côté de vous lors de vos prochaines séances d’apprentissage.
Les quatre étapes ne demandent pas toutes le même investissement. Lors d’une séance d’apprentissage, l’essentiel du temps doit être consacré à la compréhension active et la mémorisation (étape 3). Les autres étapes sont plus courtes, mais elles orientent votre apprentissage et favorisent la consolidation des connaissances.
À titre indicatif, une séance de 45 minutes peut s’organiser ainsi :
étape 1 : définir ou rappeler votre objectif, le contexte : 2 à 3 minutes
étape 2 : identifier ce que vous savez déjà : 5 à 20 minutes
étape 3 : construire votre compréhension ou revoir ce que vous avez oublié : 15 à 30 minutes
étape 4 : tester vos connaissances, finaliser et planifier la prochaine réactivation : 5 à 10 minutes
Lors des premières séances consacrées à un nouveau sujet, la plus grande partie du temps est consacrée à construire la compréhension et la mémorisation (étape 3). Au fil des jours et des semaines, la durée consacrée à l’étape 2 (réactiver ses connaissances) augmente progressivement, tandis que l’étape 3 (dédiée à l’apprentissage à proprement parler) diminue.
Le cerveau apprend toujours en fonction d’un objectif. Il optimise naturellement son effort pour atteindre le résultat qu’il perçoit comme important. S’il ne sent pas l’importance ou l’utilité d’une nouvelle connaissance, le processus de mémorisation ne s’enclenchera pas.
L’idée est de se projeter dans le futur et de comprendre comment ce que vous apprenez vous servira. Avoir son diplôme est déjà une excellente réponse, mais il y a probablement mieux à trouver. Je ne connais pas une matière qui soit enseignée sans qu’il y ait un objectif pédagogique solide derrière. Si vous ne comprenez pas cet objectif, vous vous privez d’une source de motivation importante.
Quelques minutes passées à clarifier votre motivation et à définir ce que vous voulez apprendre, et pourquoi, vous feront souvent gagner des heures de travail inutiles.
Avant de commencer, je me pose toujours quelques questions.
Qu’est-ce que je veux apprendre / savoir faire ?
Pourquoi est-ce que je veux apprendre ça ?
Qu’est-ce que ça va m’apporter ?
Quand et comment vais-je utiliser ces connaissances ?
Quel résultat concret dois-je être capable d’obtenir ?
Je vous conseille de ne pas aller plus loin tant que votre objectif n’est pas clair.
Si vous n’arrivez pas à trouver de leviers de motivation, vous n’avez pas un problème d’apprentissage, mais d’orientation.
Les nouvelles idées ou informations s’intègrent dans un réseau de connaissances déjà existant.
Avant de commencer un nouveau projet, voir un cours pour la première fois, un nouveau chapitre, ou même de réviser un cours déjà vu, j’essaie de faire le tour de ce que je sais déjà, même si ce n’est pas grand chose, même si c’est ressortir quelques mots-clés vagues que je connais.
J’écris les idées dont je me souviens. Je ne cherche pas à réciter mécaniquement, mais à réexpliquer, retrouver les idées principales. Je dessine souvent une petite carte mentale.
Cette étape de réactivation a deux objectifs.
identifier ce qui est clair.
mais surtout ce qui n’est pas clair, ce qu’on a oublié, ce qui est bancal. Ces lacunes deviennent immédiatement ma cible, ce sont les points sur lesquels je vais concentrer mon attention dans l’étape suivante.
C’est cette différence entre ce que vous savez déjà et ce que vous devez apprendre qui donne une direction au reste du processus.
Je ne saute jamais cette étape, et c’est probablement celle qui a le plus d’impact sur l’apprentissage des élèves que j’accompagne et sur mon propre apprentissage.
Les élèves trouvent souvent une bonne raison pour ne pas la faire (“je ne sais rien”, “je ne me souviens plus”, “je n’ai pas le temps”) mais le temps passé à identifier ce que je sais déjà m’en font souvent gagner des heures par la suite.
C’est ici que se produit le véritable apprentissage, et l’apprentissage commence par comprendre.
Lire un cours n’est pas apprendre. Reconnaître, surligner, faire des fiches ou répéter une information n’est pas comprendre. Comprendre demande un effort volontaire pour décoder l’information, se l’approprier. Le meilleur moyen est de reconstruire l’idée avec ses propres mots.
Concrètement, je lis un passage. Puis je referme le cours.
J’essaie de résumer ce que je viens de comprendre avec mes propres mots, souvent à voix haute. Je dessine parfois un schéma. Je cherche les concepts centraux et les idées secondaires et leurs relations ; je n’hésite pas à identifier des liens avec d’autres connaissances et, surtout, j’essaie d’expliquer ce que j’ai compris comme si je l’enseignais à quelqu’un d’autre. C’est la méthode Feynman, que je recommande vivement.
Je ne cherche surtout pas à réciter le cours. Je cherche à devenir capable d’en parler. Ce n’est pas un apprentissage mécanique, j’active mon cerveau.
Chaque fois que je bloque, que je ne suis pas sûr de moi, que je me sens fragile, je découvre une lacune dans ma compréhension. Je retourne alors au cours, je complète ce qui manque, puis je recommence jusqu’à ce que je sois sûr de moi.
Ces allers-retours constituent le véritable travail intellectuel de l’apprentissage. À chaque itération, votre compréhension devient plus précise, les liens entre les idées se multiplient et votre modèle mental gagne en cohérence.
J’intègre aussi dans l’étape 3 des exercices ou des annales d’examen que j’essaie de résoudre avant de regarder la correction.
J’utilise parfois une intelligence artificielle pour m’expliquer ce que je ne comprends pas, me poser des questions, challenger mes raisonnements ou identifier les failles de mes explications. Tous les moyens sont bons pour mieux comprendre. Je cherche à créer mon propre modèle mental du domaine.
Les deux erreurs que je vois le plus souvent :
les étudiants qui essaient d’apprendre par cœur, en minimisant l’effort de compréhension. Le par cœur peut avoir son utilité dans l’apprentissage pour fixer une définition ou structurer des points clés, mais son importance n’apparaît que s’il y a une compréhension profonde qui l’accompagne. La plupart des étudiants se satisfont d’une compréhension de surface.
apprendre la manière de résoudre un exercice, au lieu d’essayer de le résoudre par eux-même.
L’oubli fait peur à beaucoup d’étudiants. Pourtant, il fait partie du processus normal d’apprentissage. Nous allons nous en servir pour identifier ce qui n’est pas bien intégré, et renforcer ce qui est important.
Des travaux scientifiques (Hermann Ebbinghaus) ont montré que nous oublions les informations si elles ne sont pas réactivées. À l’inverse, chaque rappel consolide progressivement les connexions qui lui sont associées.
Ces résultats sont très importants si on veut apprendre bien et durablement : il va falloir réactiver l’information régulièrement : non seulement ça nous évitera de l’oublier, mais en plus ça l’ancrera plus durablement.
C’est la base de la méthode des J que vous trouverez expliquée partout. Concrètement, il faut réactiver les connaissances à intervalles stratégiques: J0 (c’est à dire le jour de l’apprentissage initial), puis, J+1, J+3, J+7, J+20. Répéter les informations permet de les ancrer, les renforcer et de lutter contre l’oubli.
L’étape 4 consiste à clore sa session de travail (peut être en prenant une minute ou deux pour resituer ce qu’on vient d’apprendre, ranger ses cahiers), mais surtout à planifier la séance de travail suivante. En fait, lors de mon premier apprentissage d’un cours, j’inscris dans mon agenda les rappels à venir (le lendemain, 3 jours après etc).
A chaque J, je recommence le cycle à 4 étapes, je commence par clarifier ce que j’étudie et pourquoi (étape 1), puis j’essaie de retrouver ce dont je me souviens sans regarder mes notes (étape 2). J’identifie les idées que j’ai oubliées et les concepts que je ne sais plus expliquer. Ensuite seulement, je réouvre le cours pour compléter ces lacunes (étape 3). Et je planifie le rappel suivant (étape 4).
J’aime comparer ce processus à du jardinage. On a planté à J0, et on passe à chaque J pour voir comment ça a évolué. On consolide ce qui est fragile, on corrige les défauts.
À chaque rappel, votre compréhension gagne en profondeur. Les connexions deviennent plus nombreuses, plus solides. Les connaissances s’intègrent à votre manière de penser jusqu’à devenir automatiques.
L’objectif n’est donc pas d’éviter l’oubli. L’objectif est d’utiliser chaque oubli comme un signal indiquant ce qu’il faut renforcer.
La méthode des J fait souvent peur, mais une fois en place elle devient une habitude satisfaisante. Elle est connue car particulièrement efficace, elle permet un ancrage solide des connaissances.
La crainte la plus fréquente est le temps qu’elle va prendre à J+1, J+3 etc. C’est un problème réel mais mon expérience montre que si le J0 est bien fait (un cours bien appris), les J suivants ne sont qu’une réactivation, qui prend de moins en moins de temps.
Si vous voulez garder ce cycle sous les yeux, j’en ai fait une fiche de deux pages : la séance type de 45 minutes, les règles d’or, les erreurs fréquentes et une checklist à utiliser avant, pendant et après chaque séance.
Voici la version PDF de la méthode en quatre étapes. Vous pouvez l’imprimer ou la garder à côté de vous pendant vos séances de travail.
Fiche Apprendre Methode 4 Etapes
276KB ∙ PDF file
Vous remarquerez que ces quatre étapes ne sont pas indépendantes. Chaque étape a un rôle particulier.
Les objectifs donnent une direction à votre apprentissage, vous activez votre cerveau en lui montrant que le travail va être utile.
L’exploration de vos connaissances initiales crée le contexte pour intégrer des choses nouvelles ou révèle ce qu’il vous reste à apprendre.
La compréhension et la mémorisation transforment progressivement les informations en représentations mentales cohérentes.
La réactivation consolide les connaissances acquises et indique ce qui n’est pas encore solide.
À chaque passage dans cette boucle, les connexions se multiplient, la compréhension s’approfondit et les compétences deviennent plus naturelles.
Votre cerveau ne se contente plus de mémoriser des informations. Il construit une représentation du monde plus riche, cohérente et utile pour agir.
Et c’est probablement cela, au fond, apprendre.
Non pas accumuler des connaissances, mais transformer progressivement sa manière de penser, de comprendre et, finalement, d’agir.
Pendant longtemps, j’ai pensé qu’il existait des méthodes d’apprentissage différentes mais que le point important était surtout qu’il fallait travailler dur, longtemps, répéter ; et que certaines personnes étaient douées et intelligentes, et d’autres non.
Aujourd’hui, je pense l’inverse :
Le processus d’apprentissage est remarquablement universel. Que vous appreniez une langue, la biochimie, un sport ou la photographie, les mêmes principes s’appliquent.
Les étudiants qui réussissent le mieux ne travaillent pas forcément davantage. Ils ont simplement compris plus tôt comment fonctionne l’apprentissage, ils s’intéressent et veulent apprendre.
La méthode en 4 étapes ne concerne pas seulement les études. Elle s’applique à toute situation dans laquelle vous souhaitez apprendre durablement. Apprendre est une compétence. Comme toutes les compétences, elle se développe avec une méthode, de la pratique et de la régularité.
Vous disposez maintenant d’un processus simple pour apprendre plus efficacement.
Il ne me reste qu’une question.
Comment allez-vous apprendre le contenu de cet essai ?
Essayez d’expliquer à voix haute, sans notes. Ce que vous ne pouvez pas expliquer, vous ne l’avez pas appris. C’est là que vous commencez.
Si cet essai vous a fait penser à un étudiant, partagez lui.
J’écris sur l’apprentissage et le travail intellectuel à l’université. Vous pouvez vous abonner pour recevoir la suite et télécharger la fiche en quatre étapes.
Si vous avez besoin d’aide pour poser ces bases ou structurer votre méthode, j’accompagne quelques étudiants en individuel. Vous pouvez m’écrire directement ici ou sur Linkedin : je réponds à tous les messages.